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Prendre sa retraite au Maroc : visas, fiscalité et qualité de vie, le guide complet

Pas de « visa retraite » mais une carte de séjour sans montant officiel de ressources, une convention fiscale qui envoie toutes les pensions françaises vers le fisc marocain, une réduction d'impôt de 80 % qui se paie en liberté de mouvement des fonds, et un système de santé à reconstruire. Voici, textes officiels en main, ce qu'implique réellement une installation au Maroc pour un retraité français.

Vue d'ensemble d'une ville marocaine aux façades ocre sous le soleil
Entre Agadir, la plus douce en hiver, et Marrakech, où le mercure a dépassé 47 degrés en juillet 2024, choisir sa ville au Maroc, c'est d'abord choisir son climat. Photo : Unsplash.

Le Maroc est la destination de retraite la plus évidente sur le papier : trois heures et demie de vol depuis Paris, le français jusque dans les administrations, un coût de la vie nettement inférieur et 58 016 inscrits au registre consulaire fin 2025. C'est aussi celle sur laquelle circulent le plus de chiffres faux : le « visa retraite » n'existe pas, l'abattement fiscal « de 55 % » est périmé depuis des années, et la fameuse réduction d'impôt de 80 % cache une contrepartie que presque personne n'explique, l'argent converti ne ressort plus.

Ce guide s'adresse à un lecteur précis : un retraité français, seul ou en couple, qui envisage sérieusement de s'installer au Maroc avec ses pensions et éventuellement un patrimoine resté en France. Il repose sur les textes vérifiés au 29 août 2026 : loi 02-03 sur le séjour des étrangers, Code général des impôts marocain 2026, conventions fiscale de 1970 et de sécurité sociale de 2007, instruction des changes 2026, fiches officielles du CLEISS, de France Diplomatie et de service-public.gouv.fr. Quand une donnée manque ou que deux sources officielles se contredisent, c'est écrit noir sur blanc plutôt que comblé par une approximation.

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Un avertissement d'emblée. Tous les seuils et taux cités ici sont datés, la plupart au titre de 2026, et ils bougent chaque année au fil des lois de finances marocaines : revérifiez chaque montant à la source avant d'engager la moindre démarche. Et pour être parfaitement clair : cet article ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé.

À retenir

  • 90 jours sans visa avec un passeport valide, la carte d'identité ne suffit plus. Au-delà, il faut un titre de séjour : il n'existe pas de « visa retraite » marocain.
  • Aucun montant officiel de ressources pour la carte « visiteur » : la loi 02-03 exige de vivre de ses seules ressources, appréciation laissée à l'administration. Timbre de 100 dirhams par année de validité en 2026.
  • Toutes vos pensions françaises deviennent imposables au Maroc une fois le domicile fiscal transféré, y compris les pensions de fonctionnaires : c'est l'article 17 de la convention de 1970.
  • Abattement de 70 % puis réduction d'impôt de 80 % si la pension est transférée en dirhams non convertibles : environ 2 016 dirhams d'impôt pour 240 000 de pension au barème 2026. En contrepartie, ces fonds ne ressortent plus du Maroc.
  • Pas de CSG ni de CRDS, mais une cotisation d'assurance maladie de 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur la complémentaire, taux 2026.
  • 3 576 euros par an pour un couple à la Caisse des Français de l'Étranger, barème d'avril 2026, en complément de l'inscription à la CNSS permise par la convention de 2007.

La carte « visiteur », la vraie porte d'entrée du retraité

Commençons par tordre le cou au mythe fondateur : le « visa retraite Maroc » vanté par les sites d'expatriation n'existe dans aucun texte. La loi 02-03 relative à l'entrée et au séjour des étrangers, promulguée en 2003 et toujours en vigueur, ne prévoit que deux titres de séjour à son article 5, la carte d'immatriculation et la carte de résidence, et son article 6 impose à tout étranger de plus de dix-huit ans qui reste au-delà de 90 jours de détenir l'un des deux, les mineurs recevant sur demande un document de circulation.

Le statut du retraité, c'est la carte d'immatriculation mention « visiteur », définie à l'article 13 : elle est délivrée à l'étranger qui prouve qu'il peut vivre de ses seules ressources et s'engage à n'exercer aucune activité professionnelle soumise à autorisation. Deux choses frappent. Il n'y a aucune condition d'âge. Et il n'y a aucun montant chiffré de ressources : l'appréciation des moyens d'existence relève de l'administration. Les seuils précis qui circulent, 1 000 euros par mois ou 20 000 dirhams sur un compte, ne figurent dans aucun texte consulté ; la page des consulats de France parle simplement de « garanties de ressources », sans chiffre.

Un passeport ouvert avec ses tampons d'entrée
Le passeport est obligatoire à l'entrée : la carte d'identité française ne suffit plus, même en voyage organisé. Photo : Unsplash.

Sur le papier, l'article 10 prévoit une carte valable de un à dix ans, renouvelable ; en pratique, la page des consulats de France décrit un renouvellement chaque année jusqu'à l'obtention d'un titre de dix ans. Le coût officiel est modeste, un droit de timbre de 100 dirhams par année de validité au CGI 2026, environ 9 euros, soit 1 000 dirhams pour un titre de dix ans.

Un couple regardant l'océan sous un parasol
La carte « visiteur » vise précisément celui qui vit de ses ressources sans travailler : le profil type du retraité. Photo : Unsplash.

Précision pour certains couples : l'union libre n'est pas reconnue au Maroc, et un compagnon non marié sans ressources propres ne peut pas obtenir de carte à ce titre. Chacun doit justifier de ses propres moyens d'existence, ou être marié.

Les 90 jours, le visa run et la carte de résidence

Avant la carte, il y a l'entrée. Les Français entrent sans visa pour 90 jours avec un passeport couvrant tout le séjour, billet retour et justificatifs de ressources exigibles à la frontière ; l'admission sur la seule carte d'identité n'est plus possible. Au-delà, France Diplomatie est net : une prolongation, sollicitée auprès du service marocain de l'immigration, ne pourra pas excéder trois mois, et tout séjour irrégulier est puni d'une amende et d'une expulsion assortie d'une interdiction de séjour.

Les voies de séjour d'un retraité français au Maroc, selon la loi 02-03 et les fiches officielles consultées en 2026
Voie Conditions Durée Limites
Entrée sans visa Passeport valide couvrant tout le séjour, ressources et billet retour exigibles 90 jours Aucun droit à s'installer ; la carte d'identité ne suffit plus
Prolongation de séjour Demande au service marocain de l'immigration, cas exceptionnel 3 mois maximum, nombre de prolongations non précisé par France Diplomatie Ne se transforme pas en droit au séjour durable
Carte d'immatriculation « visiteur »
le statut du retraité
Vivre de ses seules ressources, engagement de ne pas travailler ; aucun montant officiel 1 à 10 ans selon la loi, renouvellement annuel en pratique jusqu'au titre de 10 ans Montant des ressources apprécié localement ; timbre de 100 DH par année de validité (2026)
Carte de résidence Au moins 4 années de résidence régulière et non interrompue, moyens d'existence examinés 10 ans selon la page consulaire française de 2014, durée non fixée expressément par la loi Périmée après plus de 2 ans passés hors du Maroc

Deux pièges dominent ce chapitre. Le premier est le visa run, l'idée qu'il suffirait de sortir un jour tous les 90 jours pour rester indéfiniment en touriste : l'ancienne page consulaire française limitait le séjour touristique à trois mois consécutifs sur six, et l'article 42 de la loi 02-03 punit le maintien au-delà de la durée autorisée d'une amende de 2 000 à 20 000 dirhams et d'un à six mois d'emprisonnement, résider durablement sans carte exposant à 5 000 à 30 000 dirhams, montants de 2003 toujours en vigueur. Le second est la légende de la carte de résidence « après 3 ans » : l'article 16 exige au moins quatre années de résidence régulière et continue.

Un passant dans une rue de la médina
Enchaîner les séjours de 90 jours pour vivre au Maroc sans titre expose aux amendes de l'article 42 de la loi 02-03. Photo : Unsplash.

Dernier point de périmètre : il n'existe aucun golden visa marocain, aucune source officielle ne rattachant le moindre droit au séjour à un achat immobilier. Quant au visa électronique lancé en juillet 2022, il ne concerne pas les Français, exemptés, mais peut servir à un conjoint d'une nationalité soumise à visa.

La procédure, les pièces, le calendrier

La demande se dépose au commissariat central, à la préfecture de police ou à la gendarmerie royale du lieu de résidence, selon la page officielle des consulats de France. Une fiche de France Diplomatie de décembre 2022, retirée depuis, indiquait un dépôt dans les 15 jours suivant l'entrée pour tout séjour dépassant trois mois : le calendrier est serré, il faut arriver dossier préparé. Pendant l'instruction, un récépissé tient lieu de titre, à pouvoir présenter sous 48 heures en cas de contrôle.

La liste de pièces la plus détaillée provient de cette même page consulaire, datée de janvier 2014, à manier avec précaution : formulaires, six photos d'identité, photocopies légalisées du passeport avec les cachets d'entrée, contrat de bail, timbre, extrait de casier judiciaire et certificat médical. Cette liste a plus de dix ans et les exigences varient d'une préfecture à l'autre ; les portails marocains officiels étant inaccessibles depuis l'étranger au jour de la vérification, vérifiez la liste exacte au guichet avant tout dépôt. Aucun délai officiel de traitement n'est publié.

Une grande arche ornée d'une horloge
Le dépôt se fait auprès de la police ou de la gendarmerie du lieu de résidence, et le calendrier officiel laisse peu de marge après l'arrivée. Photo : Unsplash.

Trois obligations de suivi sont sanctionnées : déclarer tout changement de résidence, sous peine de 1 000 à 3 000 dirhams d'amende ; demander le renouvellement dans les délais, faute de quoi l'amende va de 3 000 à 10 000 dirhams avec emprisonnement possible ; et produire un contrat de bail, la location précédant donc administrativement l'installation.

Côté banque, bonne nouvelle : l'instruction des changes 2026 autorise l'ouverture, sans autorisation préalable, de comptes en devises et en dirhams convertibles aux étrangers, résidents ou non, comptes qui se débitent librement vers l'étranger. Ce choix de compte est l'une des décisions les plus structurantes de l'installation, on verra pourquoi.

Fiscalité : ce que le Maroc prend, ce que la France garde

C'est le chapitre où le Maroc surprend le plus, dans les deux sens.

Devenir résident fiscal marocain

Le Code général des impôts marocain, à son article 23, retient trois critères alternatifs : foyer d'habitation permanent au Maroc, centre des intérêts économiques, ou séjour dépassant 183 jours sur toute période de 365 jours. Cette dernière formulation piège les hivernants : le décompte ne se fait pas par année civile, deux longs séjours à cheval sur deux années peuvent suffire. C'est la convention fiscale du 29 mai 1970, toujours en vigueur en 2026, qui départage les doubles rattachements : foyer permanent, puis centre des activités, puis durée de séjour. Un résident fiscal marocain est imposable au Maroc sur son revenu mondial.

Comment le Maroc taxe une pension française

Le barème applicable aux revenus 2026, issu de la loi de finances pour 2025, est progressif : 0 % jusqu'à 40 000 dirhams par an, puis 10 %, 20 %, 30 %, 34 % et 37 % au-delà de 180 000 dirhams ; l'ancien barème à 38 %, encore affiché par bien des simulateurs, est périmé depuis le 1er janvier 2025. Deux mécanismes propres aux pensions s'y greffent.

D'abord un abattement forfaitaire, à l'article 60 du CGI 2026 : 70 % jusqu'à 168 000 dirhams de pension brute par an, 40 % au-delà ; les taux de 55 % ou 60 % que l'on croise partout sont morts depuis les lois de finances 2020 et 2023. Ensuite, le cœur du dispositif : une réduction égale à 80 % de l'impôt afférent à la pension, à l'article 76, réservée aux sommes transférées au Maroc « à titre définitif en dirhams non convertibles », avec deux attestations à joindre chaque année à la déclaration électronique, souscrite avant le 1er mars : celle de la caisse française et celle de la banque qui a réalisé le change.

Une calculatrice noire à côté d'un stylo
Abattement de 70 %, barème progressif puis réduction de 80 % de l'impôt : le calcul marocain se fait en trois étages. Photo : Unsplash.

Le calcul selon les articles 60, 73 et 76 du CGI 2026 donne la mesure. Pension française brute de 240 000 dirhams par an, environ 22 280 euros, entièrement transférée en dirhams non convertibles : base ramenée à environ 93 600 dirhams, impôt au barème d'environ 10 080 dirhams, et 2 016 dirhams à payer après la réduction de 80 %, autour de 187 euros pour l'année. C'est spectaculaire, mais « à titre définitif » et « non convertibles » signifient que ces sommes ont vocation à rester au Maroc. Et n'espérez rien des gros titres marocains sur la « fin de l'impôt pour les retraités en 2026 » : l'exonération vise les pensions des régimes marocains, régimes de base et, depuis la loi de finances pour 2026, retraite complémentaire de groupe servie par la CIMR, les pensions de source étrangère restant expressément exclues.

La réduction de 80 % n'est pas un cadeau, c'est un troc : le Maroc divise l'impôt sur votre pension par cinq, et en échange l'argent converti ne repassera plus la Méditerranée. Excellent accord pour financer sa vie sur place, très mauvais pour qui veut garder la main sur son capital.

Ce que la France garde malgré tout

La convention de 1970 est une vraie singularité : son article 17 vise « les pensions et les rentes viagères » sans distinction, et l'article 18 bis ne réserve à l'État payeur que les rémunérations publiques autres que les pensions. La pension d'un fonctionnaire français domicilié au Maroc échappe donc à l'impôt français. Mais la France ne disparaît pas du paysage pour autant.

Qui impose quoi, selon la convention fiscale franco-marocaine de 1970 et les règles vérifiées en 2026
Nature du revenu Qui impose Conséquence concrète
Pension de retraite, privée ou publiqueMaroc (art. 17)Imposable au barème marocain, avec abattement 70/40 et réduction de 80 % sous conditions
Cotisation d'assurance maladie sur la pensionFrance (retenue à la source)3,2 % sur la base, 4,2 % sur la complémentaire, 7,1 % pour les indépendants, taux 2026
Loyers d'un bien situé en FranceFrance (art. 9)Taux minimum de 20 % jusqu'à 29 579 € puis 30 % (revenus 2025), plus 17,2 % de prélèvements sociaux
Plus-value sur un bien immobilier françaisFrance (art. 24)19 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux, le taux réduit étant réservé aux affiliés UE/EEE/Suisse
Dividendes de source françaiseMaroc, avec exemption de retenue françaiseL'article 13 exonère la retenue à la source française si les dividendes sont imposables au Maroc au nom du bénéficiaire
Intérêts de source françaisePartagé (art. 14)Retenue à la source plafonnée à 15 % ou 10 % selon la nature, crédit d'impôt au Maroc
Plus-values mobilièresMaroc (art. 24)Le portefeuille-titres se fiscalise au Maroc, hors cas particuliers
Immobilier français au titre de la fortuneFranceIFI dû dès 1,3 million d'euros de patrimoine immobilier français net au 1er janvier 2026
SuccessionCas par casPas de droits de succession au Maroc, mais pas de convention successorale générale : des héritiers domiciliés en France 6 des 10 dernières années sont taxés en France sur toute la succession

Trois conséquences pratiques. L'année du départ, on dépose une déclaration classique jusqu'à la date du départ et une déclaration des revenus de source française pour le reste de l'année, puis chaque année les revenus français imposables auprès du service des impôts des particuliers non-résidents. Le point successions est le plus contre-intuitif : le « zéro droits de succession » marocain ne protège quasiment pas des enfants restés domiciliés en France 6 des 10 dernières années, taxés en France sur l'ensemble de la succession, immobilier et comptes marocains compris, à la seule exception des valeurs mobilières marocaines, que l'article 26-3 de la convention de 1970 exonère en France des droits de mutation par décès. [Tableau, ligne Succession, colonne Conséquence concrète :] Pas de droits de succession au Maroc, mais pas de convention successorale générale : des héritiers domiciliés en France 6 des 10 dernières années sont taxés en France sur toute la succession, hors valeurs mobilières marocaines, exonérées par l'article 26-3 de la convention Et sur les loyers français, le taux réduit de prélèvements sociaux ne s'applique pas : un affilié au régime marocain paie 17,2 %.

Pension, certificat de vie et aides perdues

Le Maroc est lié à la France par une vraie convention de sécurité sociale, signée le 22 octobre 2007 et en vigueur depuis le 1er juin 2011, qui remplace le texte de 1965 encore cité partout. Elle lève les clauses de résidence : vos pensions françaises sont versées au Maroc, sur un compte français ou marocain, au choix. Le régime général paie le 9 du mois à terme échu ; l'Agirc-Arrco, elle, verse par défaut trimestriellement et d'avance sur un compte hors Europe, la mensualisation étant possible sur demande mais définitive.

Sur les prélèvements, le CLEISS est sans ambiguïté en 2026 : plus de CSG, de CRDS ni de Casa hors résidence fiscale française, mais une cotisation d'assurance maladie retenue à la place, 3,2 % sur la pension de base, 4,2 % sur la complémentaire, 7,1 % pour les indépendants. La pension n'arrive jamais « nette de tout prélèvement », contrairement à la promesse des blogs.

Un bagage attendant dans un aéroport
Lors des séjours temporaires en France, la convention ne couvre que le pensionné et ses enfants mineurs, jamais le conjoint. Photo : Unsplash.

Chaque année, il faut prouver son existence. Une seule demande par an vaut désormais pour toutes les caisses, et le Maroc ne figure pas parmi les pays dispensés. Trois voies : l'application « Mon certificat de vie » à reconnaissance biométrique, disponible depuis juin 2024, le certificat papier signé par l'autorité locale compétente, jamais par les consulats de France, ou le courrier. Sur le délai de renvoi, deux sources officielles françaises se contredisaient encore en 2026, un mois pour l'une, deux pour l'autre, avec la même sanction, la suspension du versement : retenez le délai le plus court.

Enfin, deux pertes sèches. L'ASPA n'est pas exportable, elle exige une résidence en France plus de neuf mois par an et cesse dès l'installation ; l'APA non plus, l'allocation dépendance supposant une résidence stable et régulière en France. Un projet construit sur une petite pension complétée par l'ASPA ne tient donc pas debout. Quant à la pension de réversion, elle suit le même régime que la pension personnelle : la convention de 2007 couvre expressément les pensions de survivants, et le versement se fait sur un compte français ou marocain, au choix ; interrogez simplement votre caisse sur les modalités pratiques de virement avant le départ.

Se soigner au Maroc : le vrai niveau de l'offre

La convention de 2007 offre un mécanisme rare : le titulaire d'une pension française sans droit propre au régime marocain demande à sa caisse le formulaire SE 350-07 et s'inscrit à la CNSS de son lieu de résidence. Il est alors soigné selon la législation marocaine, et c'est là que tout se joue : l'assurance maladie obligatoire rembourse 70 % des soins ambulatoires et 70 à 90 % de l'hospitalisation, mais sur une tarification de référence figée en 2006, où la consultation de généraliste vaut 80 dirhams quand le privé en facture 150 à 300 en 2026. Environ 56 dirhams remboursés sur une consultation à 300 : moins de 20 % du coût réel. Le reste à charge des assurés CNSS atteignait 37,8 % en 2021, contre 6,3 % en France, et la révision tarifaire restait en discussion à l'été 2026.

L'offre est inégale : 0,74 médecin pour 1 000 habitants en 2021 contre 3,26 en France la même année, cinq régions concentrant 64 % des hôpitaux, et certains soins n'existent pratiquement pas sur place, la greffe d'organes en premier lieu. France Diplomatie est explicite : assurance couvrant frais médicaux et rapatriement impérative, les établissements pouvant exiger le paiement intégral avant la sortie. Une évacuation sanitaire vers la France se chiffre entre 15 000 et 50 000 euros sans assurance selon les sources spécialisées de 2026, jamais prise en charge par l'État français. Les six consulats tiennent des listes de notoriété médicale annuelles : à télécharger en arrivant.

Un médecin tenant un stéthoscope rouge
Les honoraires du privé sont libres : consultation de spécialiste de 250 à 900 dirhams, IRM de 1 200 à 2 500 dirhams selon les relevés 2026. Photo : Unsplash.

La Caisse des Français de l'Étranger et le privé

D'où le réflexe de combiner. L'offre RetraitExpat Santé de la CFE, réservée aux titulaires d'une pension d'un régime de base français, coûte au barème d'avril 2026 492 euros par trimestre en solo et 894 euros en famille, soit 1 968 et 3 576 euros par an, en hausse d'environ 11 % sur un an. Elle s'obtient sans questionnaire de santé ni limite d'âge, argument décisif après 70 ans quand les assureurs privés ferment l'entrée, souvent entre 65 et 75 ans, et ne couvre que les soins reçus à l'étranger, la France restant du ressort du régime obligatoire. Prise en charge immédiate, sans carence, en adhérant avant le départ ou dans les trois mois de l'installation ; au-delà, carence de trois mois avant 45 ans et de six mois à partir de 45 ans ; catégorie aidée à 228 euros par trimestre sous 24 030 euros de ressources annuelles en 2026.

Deux réserves avant de signer. Hors réseau de tiers payant, l'hospitalisation est remboursée à 67 % des frais réels en zone 1, dont relève le Maroc, et la consultation sur une base plafonnée à 30 euros, soit 21 euros remboursés : sans complémentaire, le reste à charge peut être lourd. Et le réseau de tiers payant vérifiable se concentre autour de Casablanca, une vingtaine de cliniques selon la liste de l'UFE de 2025. L'alternative au premier euro se négocie sur devis : de l'ordre de 2 500 à 8 000 euros par an pour un couple de 65 à 70 ans hors États-Unis selon les courtiers en 2026, sous réserve d'acceptation. Dernier repère, la cataracte se facture 3 000 à 14 000 dirhams par œil selon deux sources marocaines de 2026 qui divergent du simple au double, quand le forfait CFE 2026 la couvre à 100 % jusqu'à 1 500 euros par œil.

Combien ça coûte, poste par poste

Les conversions de ce chapitre utilisent le cours de référence de Bank Al-Maghrib du 28 août 2026, 1 euro pour 10,7727 dirhams. Le contexte est favorable : l'indice des prix marocain reculait de 0,6 % sur un an en juillet 2026, l'alimentaire de 3,7 %, selon le Haut-Commissariat au Plan ; l'argument de « l'inflation galopante », hérité de 2022-2023, est périmé.

Budget mensuel indicatif d'un couple de retraités au Maroc, postes documentés en 2026
Poste mensuel En dirhams En euros Réserve
Loyer, appartement 3 chambres en centre-ville5 870 à 6 989545 à 649 €Moyennes participatives Numbeo d'août 2026 pour Agadir et Marrakech, parc courant non meublé
Loyer, meublé récent visé par les étrangers7 500 et plus700 € et plusAnnonces Mubawab 2026, segment haut de gamme de Marrakech
Électricité et eau, logement de 85 m²232 à 34622 à 32 €Données participatives, hors climatisation intensive d'été
Gaz butane, bouteille de 12 kg504,65 €Prix subventionné en vigueur depuis le 20 mai 2024
Internet fixe illimité 60 Mbit/s et plus287 à 35627 à 33 €Moyennes participatives d'août 2026, fiches opérateurs non consultables en ligne
Aide à domicile à plein temps, minimum légalenviron 1 960environ 182 €Calcul 60 % du SMIG de janvier 2025, hors cotisations ; le marché expatrié paie souvent plus
Un plein de 50 litres d'essence76271 €Essence à 15,24 DH/L au relevé du 24 août 2026
Couverture santé CFE, formule famille·298 €3 576 € par an, barème d'avril 2026
Deux allers-retours Paris par an, lissés·30 à 140 €94 à 144 € l'aller-retour hors vacances, environ 360 à 415 € en août, relevés d'août 2026

Les courses racontent deux pays dans le même caddie. Le local est très bon marché aux relevés participatifs d'août 2026 : tomates à 7,45 dirhams le kilo, poulet à 52, œufs à 19 la douzaine, bœuf à 112. L'importé change d'échelle, la bière importée revenant environ 70 % plus cher au litre que la locale, et l'alcool ne se vend que dans des points agréés ; aucun relevé fiable de l'épicerie française n'a pu être vérifié en ligne, ce poste se mesure en magasin. Au restaurant, le repas bon marché va de 35 à 50 dirhams selon les villes, le dîner complet pour deux en milieu de gamme de 232 à 300 dirhams, moins de 30 euros.

Des fruits colorés en étalage
Fruits et légumes locaux à moins de 1,50 euro le kilo : c'est sur l'importé, pas sur le marché, que le budget dérape. Photo : Unsplash.

Aucune source ne publie de budget agrégé pour un couple de retraités, et je n'en inventerai pas. Les deux bornes documentées, participatives, sont 4 850 dirhams par mois hors loyer pour une personne seule à Marrakech et 17 856 pour une famille de quatre : un couple se situe entre les deux, toute valeur intermédiaire étant une extrapolation. Précision sur l'aide à domicile : le « 1 500 dirhams » des forums correspond au minimum légal de 2018 ; la loi 19-12 impose un contrat écrit et au moins 60 % du SMIG, soit environ 2 060 dirhams avec le SMIG en vigueur depuis janvier 2026, deuxième tranche de l'accord social actée par décret en décembre 2025, calcul de l'auteur, hors cotisations.

Une boutique d'épices aux bocaux alignés
Adopter les circuits locaux plutôt que reconstituer un placard français : c'est là que se joue le vrai écart de budget. Photo : Unsplash.

Restent les transports. Sans voiture : bus à 4 dirhams le ticket à Marrakech, taxi autour de 6 dirhams du kilomètre. En voiture, essence à 15,24 dirhams le litre et gazole à 14,30 au relevé du 24 août 2026, sous les prix français mais loin des 12 à 13 dirhams des forums, qui datent. Assurance et vignette n'ont pu être documentées par une source fiable : prévoyez ce poste sans le chiffrer d'avance.

Une femme devant une boutique d'artisanat
Les services de proximité restent le poste le plus avantageux du budget, à condition de respecter le cadre légal de l'emploi à domicile. Photo : Unsplash.

Se loger ou acheter : ce que dit le droit marocain

Louer d'abord, et longtemps : c'est la séquence raisonnable, et celle que l'administration impose de fait, le bail figurant parmi les pièces de la carte de séjour. Le bail écrit s'enregistre pour 200 dirhams au CGI 2026 et sert ensuite de justificatif de domicile ; la loi encadre les hausses, aucune pendant trois ans puis 8 % au maximum par révision triennale. Sur les niveaux, la dernière photographie publique que j'aie pu vérifier date du premier semestre 2025, 8 740 dirhams le loyer moyen national d'un appartement vide, en hausse de 6 % sur un an, tirée d'annonces plutôt haut de gamme : croisez avec les moyennes participatives, deux à trois fois plus basses sur le parc courant. : croisez avec les moyennes participatives, deux à trois fois plus basses sur le parc courant.

Une piscine avec un arbre au centre du patio
Un étranger peut acheter librement un bien résidentiel titré ; c'est la terre agricole qui lui est fermée sans dérogation. Photo : Unsplash.

Acheter ensuite : aucune restriction générale n'empêche un étranger d'acquérir un bien résidentiel, la grande exception étant le dahir de 1975, pas de terre agricole hors périmètre urbain sans attestation de vocation non agricole. Les montages de contournement, prête-nom marocain ou société écran, sont précisément la source classique des spoliations. À l'achat d'un logement construit, comptez au CGI 2026 des droits d'enregistrement de 4 %, 5 % pour un terrain nu, plus 1,5 % de conservation foncière et des honoraires de notaire à chiffrer par devis. Depuis le 1er juillet 2026, un droit supplémentaire de 2 % frappe les mutations de plus de 300 000 dirhams payées en tout ou partie en espèces. À la revente, le profit foncier est taxé à 20 % avec une cotisation minimale de 3 % du prix, l'exonération de la résidence principale exigeant 6 ans d'occupation au jour de la cession. Côté prix, seuls des référentiels privés existent, environ 735 euros le mètre carré en moyenne pour un appartement à Agadir et 1 160 à Casablanca sur les données 2025 d'une plateforme d'estimation, l'indice officiel, en hausse de 0,7 % sur un an au deuxième trimestre 2026, ne mesurant que des variations.

Une cour intérieure traditionnelle
Beaucoup de riads de médina sont des biens « melkia » non immatriculés, sans la garantie d'État du titre foncier. Photo : Unsplash.

Deux vérifications valent tout le reste. La première : le titre. Seul un bien immatriculé à la Conservation foncière bénéficie d'une garantie d'État, la propriété ne se transférant qu'à l'inscription de l'acte ; les biens « melkia », fréquents dans les médinas, exposent aux contestations d'héritiers et aux oppositions pendant l'immatriculation. La seconde : le financement. L'instruction des changes 2026 ne garantit le libre retransfert du produit d'une revente que si l'achat a été financé en devises passées par le circuit bancaire marocain, justificatifs à l'appui ; sans cette preuve, les fonds partent sur un compte convertible à terme libérable en quatre tranches annuelles de 25 %, que les étrangers résidents ne peuvent même pas détenir. Conservez chaque avis de virement comme un titre de propriété. Quant à la taxe d'habitation et à la taxe de services communaux, la loi de fiscalité locale a été modifiée en juin 2025 : les barèmes recopiés de blog en blog sont à revérifier.

Des chaises en céramique au bord d'une piscine de riad
Financer l'achat en devises via le circuit bancaire officiel conditionne le droit de rapatrier un jour le produit de la revente. Photo : Unsplash.

Où s'installer : villes, climat et communauté française

Remettons d'abord les chiffres de population à l'endroit. Les « 80 000 à 100 000 Français au Maroc » recopiés partout ne reposent sur rien : le chiffre officiel est de 58 016 inscrits au registre consulaire au 31 décembre 2025, l'inscription n'étant pas obligatoire. La répartition dessine la carte des installations : Casablanca 24 990 inscrits, Rabat 10 906, Marrakech 8 850, Agadir 5 742, Tanger 4 201 avec la plus forte croissance, Fès 3 327. Ne confondez pas ces Français avec les quelque 97 000 pensions du régime général versées au Maroc en 2024, qui bénéficient surtout d'anciens travailleurs marocains rentrés au pays ; le seul chiffre sur les retraités, environ 4 000 à Agadir, provient d'un reportage télévisé de fin 2024, pas d'une statistique publique.

La plage et le front de mer d'une ville marocaine
Agadir affiche la maximale de janvier la plus élevée des grandes villes, 21,1 degrés dans les normales 1991-2020. Photo : Unsplash.

Le climat change du tout au tout selon la zone, et les normales officielles 1991-2020 le mesurent. Agadir offre l'hiver le plus doux des grandes villes, 21,1 degrés de maximale en janvier, pour 229 millimètres de pluie par an. Marrakech affiche 19,1 degrés l'après-midi de janvier mais 5,9 la nuit, dans des logements souvent sans chauffage central, et 37,7 en juillet ; en 2024, année la plus chaude jamais mesurée au Maroc, elle a atteint 47,6 degrés, loin toutefois de son record absolu de 49,6 degrés relevé le 17 juillet 2012. Essaouira vit dans une bande étroite de 18 à 23 degrés de maximale toute l'année, été frais et venté compris. Tanger est la plus arrosée, 673 millimètres par an, Fès la plus contrastée, 3,7 degrés les nuits d'hiver et plus de 35 l'été, Ouarzazate l'extrême, 115 millimètres de pluie et du gel possible en janvier. Toile de fond : six années consécutives de sécheresse jusqu'en 2024, l'année hydrologique 2023-2024 ayant été la plus sèche depuis les années 1960.

Un minaret dominant la ville
Marrakech séduit l'hiver, mais ses étés dépassent régulièrement 37 degrés et son record 2024 a frôlé 48. Photo : Unsplash.

Troisième critère, l'équipement. Six consulats généraux, 44 écoles homologuées, 12 antennes de l'Institut français : le maillage français est sans équivalent. Médicalement, l'offre se concentre sur l'axe Casablanca-Rabat, qui cumule CHU, cliniques privées et réseau de tiers payant CFE ; Tanger a inauguré son CHU en 2023, Agadir a mis en service le sien, le CHU Mohammed VI, en novembre 2025. S'éloigner de ces pôles, c'est s'éloigner des soins. Pour circuler, Al Boraq relie Tanger à Casablanca en 2 h 10 ; le prolongement vers Marrakech est en chantier pour un horizon 2030, et le présenter comme en service est faux. Tanger-Agadir, c'est environ neuf heures de route selon le ministre marocain du Transport, fin 2025.

Une médina vue depuis un toit-terrasse
Choisir sa ville, c'est arbitrer entre climat, distance aux soins et présence d'un consulat : rarement les trois au même endroit. Photo : Unsplash.

Ce qui coince

Voici la partie que les brochures escamotent : ce sont ces points, pas les visas, qui font revenir des retraités en France au bout de deux ou trois ans.

L'argent entre facilement, il ressort difficilement

Le dirham ne s'importe ni ne s'exporte, tolérance de 2 000 dirhams par voyageur, et les billets d'une contre-valeur de 100 000 dirhams et plus, environ 9 300 euros, se déclarent à l'entrée. Le vrai sujet est structurel : tout ce qui n'est pas entré au Maroc par le circuit des devises, justificatifs à l'appui, en ressort mal. La réduction d'impôt de 80 % suppose des dirhams non convertibles, donc définitivement marocains, et le produit d'une revente immobilière non financée en devises reste bloqué ou étalé sur des années. Seule vraie soupape documentée : les pensions étrangères perçues au Maroc restent transférables, nettes d'impôt. D'où le bon montage dès le premier jour, un compte en devises ou en dirhams convertibles pour l'épargne rapatriable, un compte ordinaire pour la pension et la vie courante. Le mauvais choix se répare mal.

Le grand âge n'est pas couvert

Le Maroc est un excellent pays pour la retraite active, pas pour la dépendance. L'APA ne suit pas, l'ASPA non plus, et aucune source officielle consultée ne documente un secteur médico-social comparable aux EHPAD : absence vraisemblable mais non chiffrée, qui explique une partie des retours définitifs en France passé 80 ans. Le projet marocain doit donc inclure, par écrit, son propre scénario de sortie.

Les risques naturels sont réels

Le 8 septembre 2023, un séisme de magnitude 6,8, épicentre à environ 75 kilomètres au sud-ouest de Marrakech, a endeuillé le Haut Atlas : le pays est en zone sismique active. En septembre 2024, des pluies d'intensité centennale ont provoqué des crues meurtrières dans le sud-est. Les étés alignent les records, 47,7 degrés à Béni Mellal en juillet 2024, et la ressource en eau reste volatile, les barrages passant de 35,5 % de remplissage début août 2025 à 70 % un an plus tard. Rien n'interdit le projet ; tout doit entrer dans le choix du lieu, de la construction et de l'assurance.

Un village en pisé aux portes du désert
Le sud-est alterne désormais sécheresse prolongée et crues soudaines, comme celles de septembre 2024. Photo : Unsplash.

La voiture, le permis, le déménagement, l'animal

Quatre dossiers concrets concentrent les mauvaises surprises. Le permis : le permis français ne vaut qu'un an de conduite selon France Diplomatie en 2026, l'échange passant par une attestation de droits à conduire à demander en ligne avant le départ, puis par le service des Mines. La voiture : un véhicule de cinq ans ou plus ne peut plus être dédouané, les taxes atteignent 41,30 % de la valeur à l'état neuf, et l'admission temporaire est limitée à six mois par année civile non prorogeables selon la douane marocaine, quand France Diplomatie affiche encore trois mois renouvelables : fiez-vous à la douane. Le déménagement : franchise totale pour les effets personnels avec inventaire et certificat de changement de résidence, véhicules exclus, drones interdits. L'animal : certificat sanitaire de moins de trois jours à l'entrée, et titrage antirabique à faire réaliser avant de quitter la France, le retour pouvant exiger qu'il précède l'arrivée d'au moins trois mois.

Les remparts ocre sous le ciel bleu
Même les sources officielles se contredisent parfois, comme sur l'admission temporaire des véhicules : vérifier deux fois est la règle. Photo : Unsplash.

Sécurité, société, spoliations

France Diplomatie décrit en août 2026 un pays sûr mais exposé à la menace terroriste, avec des vols à l'arraché réguliers dans les grandes agglomérations, notamment à moto à Casablanca et Marrakech ; le Maroc se classe 65e sur 163 au Global Peace Index 2026. La société bouge : les manifestations GenZ 212 de l'automne 2025, réclamant la réforme de la santé et de l'éducation, ont donné lieu à des violences et des centaines d'arrestations. Enfin, les spoliations immobilières et détournements d'héritage visant des propriétaires étrangers sont documentés, un collectif de victimes ayant saisi le roi en 2022. Titre foncier vérifié, notaire, refus absolu du prête-nom : la prévention est non négociable.

Un marché de la médina en pleine activité
Dans les médinas très fréquentées, les autorités françaises signalent des vols à l'arraché en hausse et recommandent les taxis officiels. Photo : Unsplash.

Par où commencer, concrètement

Si le projet tient toujours après ce qui précède, voici l'ordre dans lequel je le prendrais.

  1. Passez un été sur place avant de décider, pas seulement un hiver : les 90 jours sans visa suffisent pour tester Marrakech en juillet, le visage que les catalogues ne montrent pas.
  2. Traitez la santé avant le billet d'avion : formulaire SE 350-07 auprès de votre caisse, comparaison CFE contre assurance au premier euro selon votre âge, adhésion avant le départ ou dans les trois mois pour éviter la carence longue.
  3. Faites qualifier votre fiscalité par écrit : le traitement de vos pensions au regard de l'article 17 par le service des impôts des particuliers non-résidents, les conditions exactes de la réduction de 80 % et le choix des comptes par un conseil marocain.
  4. Structurez vos comptes dès l'arrivée : devises ou dirhams convertibles pour l'épargne rapatriable, compte ordinaire pour la pension et la vie courante, justificatifs de change conservés pour toujours.
  5. Louez un an avant d'acheter, exigez un bien immatriculé à la Conservation foncière, un notaire, un financement en devises tracé, et fuyez les terrains agricoles « avec arrangement ».
  6. Anticipez les pièces longues : casier judiciaire, actes d'état civil, attestation de droits à conduire, titrage antirabique de l'animal, et un dossier de ressources plus fourni que nécessaire pour la préfecture de police.
Un homme poussant sa charrette dans la médina
Vivre plusieurs semaines au rythme local, courses et démarches comprises, renseigne plus qu'aucun comparatif de coût de la vie. Photo : Unsplash.

Un dernier mot de méthode. Plusieurs portails officiels marocains étaient inaccessibles depuis l'étranger au moment de la vérification, et certaines pages officielles françaises se contredisaient entre elles. Chaque chiffre cité ici est daté ; aucun ne doit être utilisé sans revérification à la source au moment d'engager la démarche, les lois de finances marocaines retouchant ces règles chaque année. Et je le répète en toutes lettres : cet article ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé.

Questions fréquentes

Existe-t-il un « visa retraite » au Maroc ?

Non. La loi marocaine 02-03 ne prévoit que deux titres de séjour, la carte d'immatriculation et la carte de résidence. Le retraité qui vit de ses ressources relève de la carte d'immatriculation mention « visiteur », délivrée à qui prouve qu'il peut vivre de ses seules ressources sans exercer d'activité professionnelle soumise à autorisation. Les offres de « visa retraite » vantées par certains sites ne correspondent à aucun texte.

Quel revenu minimum faut-il pour obtenir la carte de séjour ?

Aucun montant officiel n'existe. La loi exige seulement des moyens d'existence, appréciés par l'administration du lieu de résidence, et la page consulaire française parle de « garanties de ressources » sans avancer de chiffre. Les seuils précis qui circulent ne figurent dans aucun texte consulté : documentez vos pensions largement et renseignez-vous auprès de la préfecture de police de votre lieu d'installation.

Ma pension de fonctionnaire restera-t-elle imposée en France ?

Non, et c'est une particularité de la convention de 1970 : l'article 17 attribue l'imposition de toutes les pensions, publiques comme privées, à l'État du domicile fiscal, l'article 18 bis ne réservant à la France que les rémunérations publiques autres que les pensions. Un fonctionnaire retraité domicilié fiscalement au Maroc y est donc imposable sur sa pension, contrairement à la règle observée dans la plupart des autres conventions.

Comment fonctionne la réduction d'impôt de 80 % sur les pensions ?

C'est une réduction de l'impôt, pas du revenu, et elle n'a rien d'automatique : elle ne vise que l'impôt correspondant aux sommes transférées au Maroc à titre définitif en dirhams non convertibles, avec deux attestations à joindre chaque année à la déclaration, celle de la caisse et celle de la banque. Une pension laissée en France ou versée sur un compte convertible n'y ouvre pas droit, et l'argent converti ne ressort plus du Maroc.

Suis-je encore couvert pour mes soins une fois installé au Maroc ?

La convention de 2007 permet au titulaire d'une pension française de s'inscrire à la CNSS marocaine avec le formulaire SE 350-07 et d'être soigné selon la législation marocaine, aux tarifs de référence figés en 2006. Lors des séjours temporaires en France, seuls le pensionné et ses enfants mineurs sont pris en charge, pas le conjoint. La plupart des retraités ajoutent la Caisse des Français de l'Étranger, 3 576 euros par an pour un couple au barème d'avril 2026, ou une assurance privée.

Peut-on acheter une maison au Maroc puis rapatrier l'argent à la revente ?

Oui, à une condition stricte : avoir financé l'achat en devises passées par le circuit bancaire marocain et conserver tous les justificatifs. L'instruction des changes 2026 garantit alors le retransfert du produit de la vente ; sans cette preuve, les fonds partent sur un compte convertible à terme libérable en quatre tranches annuelles de 25 %, que les étrangers résidents ne peuvent d'ailleurs pas détenir.

L'ASPA et l'APA continuent-elles d'être versées au Maroc ?

Non. L'ASPA exige une résidence stable en France, plus de neuf mois par an, et cesse en cas d'installation au Maroc ; l'APA suppose elle aussi une résidence stable et régulière en France. Seules les pensions de retraite proprement dites, de base et complémentaires, sont exportables.

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Portrait de Julien Jimenez

L'auteur

Julien Jimenez

Éditeur de ce site, Julien Jimenez travaille dans le SEO et les médias en ligne depuis 2009. Créateur de NextLevel.link, il écrit ici sur la psychologie du quotidien, l'argent et les questions que tout le monde se pose.