Éclipse · Le journal

L'éclipse du 2 août 2027 vue de France : quel pourcentage dans votre ville

La France métropolitaine ne sera pas dans la bande de totalité du 2 août 2027 : la bande passe plus de 700 km au sud de Marseille. Le pays verra donc une éclipse partielle, de 43 % dans le nord à près de 79 % en Corse du Sud. Voici les chiffres ville par ville, les horaires, la hauteur du Soleil, et pourquoi une partielle à 75 % ne ressemble en rien à une totalité.

La tour Eiffel sous un ciel de fin de journée
À Paris, un peu plus de la moitié du disque solaire sera masquée. Photo : Unsplash.

Disons le tout de suite, parce que c'est la question qui revient le plus souvent : non, la France métropolitaine ne verra pas d'éclipse totale le 2 août 2027. Pas une seule commune. La bande d'ombre passe très au sud, par le détroit de Gibraltar, et le point français le plus proche en est encore séparé par plusieurs centaines de kilomètres.

Cela ne veut pas dire qu'il ne se passera rien. Entre 9 h 53 et 12 h 21 selon l'endroit, la Lune va grignoter le Soleil, en masquer entre 43 et 79 % au maximum, et donner à la lumière d'août cette teinte métallique un peu inquiétante que reconnaissent tous ceux qui ont déjà vécu une forte partielle. Les chiffres qui suivent sont issus des calculs de circonstances locales publiés commune par commune, recoupés avec les données de l'IMCCE et de la Cité de l'espace.

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À retenir

  • Aucune commune de France métropolitaine n'est dans la bande de totalité : partout, ce sera une éclipse partielle.
  • Le pourcentage de Soleil masqué va de 43,2 % à Dunkerque à 78,6 % à Bonifacio, en passant par 51,3 % à Paris, 72,5 % à Toulouse et 75,9 % à Perpignan.
  • Le phénomène se déroule en fin de matinée, avec un Soleil haut, entre 38 et 51 degrés selon la ville : aucun risque d'être gêné par un immeuble ou une colline.
  • Une partielle à 75 % ne provoque ni nuit, ni couronne solaire, ni chute de température spectaculaire. Il faut garder ses lunettes de protection du début à la fin.

Pourquoi la France reste en dehors de la bande

Une éclipse totale n'est visible que depuis un ruban très étroit, celui que balaie le cône d'ombre de la Lune. Le 2 août 2027, ce ruban atteint 258 km dans sa partie la plus large, en Égypte, et il ne mesure qu'un peu plus de 200 km à ses extrémités. Sur une planète de 40 000 km de circonférence, c'est une bande de scotch posée sur un ballon.

Ce jour là, la géométrie place cette bande au niveau du détroit de Gibraltar en Europe. Elle couvre le sud de l'Andalousie, Ceuta, Melilla, Gibraltar et le nord du Maroc, puis file vers l'Afrique du Nord. Les Pyrénées, elles, sont déjà à plusieurs centaines de kilomètres au nord de la limite. Selon les distances calculées par les outils de circonstances locales, il faut compter environ 757 km entre Marseille et la bande, 1 159 km depuis Nantes et 1 351 km depuis Paris.

Ce que ça change est simple à formuler : depuis la France, le Soleil ne disparaîtra jamais complètement. Il restera toujours un croissant, plus ou moins fin, et donc toujours une lumière directe dangereuse pour les yeux. Il n'y aura à aucun moment de fenêtre pendant laquelle on peut retirer ses lunettes, contrairement à ce qui se produit dans la bande de totalité.

Le tableau des pourcentages, ville par ville

Toutes les heures sont données en heure légale française, soit UTC+2 le 2 août 2027. L'obscuration correspond au pourcentage de la surface du disque solaire masquée au maximum de l'éclipse. La hauteur du Soleil est exprimée en degrés au dessus de l'horizon, au moment du maximum.

Ville Début Maximum Fin Soleil masqué Magnitude Hauteur du Soleil
Dunkerquevers 10 h 04vers 11 h 03vers 12 h 0443,2 %non publiéevers 43°
Lille10 h 0411 h 0312 h 0444,5 %0,54143°
Strasbourg10 h 0511 h 0712 h 1250,7 %0,59347°
Paris10 h 0111 h 0112 h 0551,3 %0,59843°
Brest9 h 5510 h 5411 h 5753,7 %0,61838°
Nantes9 h 5510 h 5712 h 0258,1 %0,65540°
Lyon9 h 5811 h 0312 h 1162,8 %0,69346°
Bordeaux9 h 5310 h 5612 h 0567,6 %0,73242°
Nice9 h 5811 h 0512 h 1770,2 %0,75249°
Montpellier9 h 5511 h 0112 h 1271,8 %0,76546°
Toulouse9 h 5310 h 5812 h 0872,5 %0,77044°
Marseille9 h 5611 h 0312 h 1572,6 %0,77147°
Perpignan9 h 5311 h 0012 h 1175,9 %0,79845°
Ajaccio9 h 5811 h 0712 h 2176,8 %0,80451°
Bonifaciovers 9 h 58vers 11 h 08vers 12 h 2278,6 %non publiéevers 51°

Les valeurs précédées de « vers » sont des estimations calées sur la commune voisine la plus proche dont les horaires sont publiés : seuls les pourcentages de Dunkerque et Bonifacio, qui encadrent l'ensemble du territoire métropolitain, sont des données publiées. Pour les quatorze autres villes, horaires, obscuration, magnitude et hauteur proviennent des calculs de circonstances locales commune par commune.

Attention à un piège qui circule beaucoup en ce moment : plusieurs pages annoncent 92 % à Paris ou 99,7 % dans les Pyrénées pour 2027. Ces chiffres là sont ceux de l'éclipse du 12 août 2026, qui était exceptionnelle pour la France. Ceux de 2027 sont nettement plus modestes au nord, et un peu meilleurs qu'on ne l'imagine au sud.

Obscuration ou magnitude : les deux chiffres qu'on confond

Vous avez remarqué que le tableau donne deux nombres différents pour la même ville. À Paris, 51,3 % d'un côté, 0,598 de l'autre. Ce n'est pas une contradiction, ce sont deux façons de mesurer la même chose.

L'obscuration est le pourcentage de la surface du disque solaire recouverte par la Lune. C'est le chiffre parlant, celui qu'on cite dans les journaux. La magnitude, elle, mesure la fraction du diamètre du Soleil mordue par la Lune, autrement dit la profondeur de l'entaille. Comme un disque est une surface et pas une ligne, la magnitude est toujours supérieure à l'obscuration : mordre la moitié du diamètre ne retire pas la moitié de la surface.

Retenez la règle pratique : quand deux sites annoncent des pourcentages très différents pour votre ville, vérifiez d'abord qu'ils parlent bien de la même grandeur. C'est l'explication dans la grande majorité des cas.

Pourquoi une partielle à 70 % ne ressemble en rien à une totalité

C'est le point le plus mal compris de toute l'affaire, et il mérite qu'on s'y arrête. L'œil humain n'est pas un capteur linéaire : il compense. Quand 70 % du disque solaire disparaît, la luminosité ambiante baisse beaucoup moins que ce que suggère le chiffre, et votre cerveau corrige le reste. Beaucoup de gens, en 2027, lèveront la tête à 11 heures et trouveront que la journée est simplement un peu grise.

Ce que vous n'aurez pas depuis la France, en revanche, est facile à lister. Pas de couronne solaire, cette chevelure de plasma nacrée qui n'apparaît qu'une fois le disque entièrement caché. Pas de nuit en plein jour, pas d'étoiles ni de planètes visibles autour du Soleil. Pas de bandes d'ombre filantes sur le sol, pas d'horizon orangé à 360 degrés, pas de silence soudain des oiseaux. Et surtout, pas le fameux instant du deuxième contact, quand la dernière goutte de lumière s'éteint et que la température chute nettement.

Une partielle à 75 %, c'est un Soleil amputé. Une totalité, c'est un autre ciel. Entre les deux, il n'y a pas une différence de degré, il y a une différence de nature.

Un point positif tout de même, et il n'est pas mince : la hauteur du Soleil. Le 2 août 2027, il culminera entre 38 degrés à Brest et 51 degrés à Ajaccio au moment du maximum, en direction de l'est sud est. Autrement dit, il sera confortablement haut dans le ciel, sans risque d'être masqué par un immeuble, une colline ou une rangée d'arbres. Pour une observation en ville, en famille ou en classe, c'est une configuration idéale, bien plus simple à gérer qu'une éclipse en fin de journée.

Faut il descendre en Espagne ? Le vrai calcul

Posons les termes honnêtement. Depuis Perpignan, la ville continentale la mieux servie, vous verrez 75,9 % du Soleil masqué. À Tarifa, à environ 1 100 km de route, vous aurez 4 min 38 s de totalité. À Cadix, 2 min 54 s. À Malaga, 1 min 49 s. Ce sont des données de l'Institut géographique national espagnol, et elles montrent au passage que le choix de la ville compte autant que le choix du pays.

Trois arguments plaident pour le voyage. Le premier, c'est la nature du spectacle : entre 99 % et 100 %, il y a un mur, pas une pente. Le deuxième, c'est la rareté : les prochaines occasions accessibles en voiture depuis la France se comptent sur les doigts d'une main, et la France métropolitaine elle même devra patienter très longtemps avant sa prochaine totalité. Le troisième, c'est la météo : début août, l'Andalousie affiche des statistiques de ciel dégagé nettement meilleures que la moyenne européenne.

Trois arguments plaident contre. La date tombe un lundi de première quinzaine d'août, en plein pic touristique espagnol. Les hébergements dans le triangle Cadix, Tarifa, Algésiras se réservent avec deux ans d'avance et les prix s'envolent. Et la bande étant étroite, une couche nuageuse mal placée peut ruiner un déplacement de 1 000 km, alors qu'une partielle à 76 % depuis son jardin ne coûte rien.

Mon avis, qui n'engage que moi : si vous n'avez jamais vu de totalité, faites le déplacement, en visant l'intérieur des terres plutôt que la côte immédiate et en réservant très tôt. Si le voyage n'est pas possible, ne boudez pas la partielle française pour autant. Elle vaut largement une pause d'une heure, à condition d'être équipé.

Comment observer sans risque depuis la France

Puisqu'il n'y aura aucune totalité en métropole, la règle est constante du début à la fin : on ne regarde jamais le Soleil sans protection, même masqué aux trois quarts.

Une dernière chose. Ces pourcentages sont calculés pour le centre de chaque commune, et ils bougent très peu à l'échelle d'une agglomération : gagner quelques dixièmes de point en se déplaçant de dix kilomètres n'a aucun sens. En revanche, choisir un lieu dégagé vers l'est sud est, à l'ombre, avec de quoi s'asseoir, change tout au confort de l'observation. C'est le seul déplacement qui vaille la peine si vous restez en France.

Santé, argent, psychologie du quotidien : ce journal explore les questions que tout le monde se pose. Pour savoir qui l'écrit, direction ma page auteur.

Portrait de Julien Jimenez

L'auteur

Julien Jimenez

Éditeur de ce site, Julien Jimenez travaille dans le SEO et les médias en ligne depuis 2009. Créateur de NextLevel.link, il écrit ici sur la psychologie du quotidien, l'argent et les questions que tout le monde se pose.