Éclipse · Le journal

Après 2027, quand aura lieu la prochaine éclipse totale visible en France métropolitaine ? La réponse va vous faire attendre

L'éclipse d'hier était totale en Espagne et en Islande, celle de 2027 le sera au sud de Gibraltar : la France, elle, doit se contenter de belles partielles. Alors, à quand la vraie nuit en plein jour au-dessus de nos têtes ? Accrochez-vous : la date est fixée, et elle donne le vertige.

Main tenant un filtre d'observation face au ciel
Un filtre d'observation solaire : l'accessoire indispensable des partielles qui attendent la France. Photo : Unsplash.

C'est la question qui revient à chaque grande éclipse, et l'actualité la rend brûlante : hier, le 12 août 2026, la totalité a frôlé la France en passant par le nord de l'Espagne ; le 2 août 2027, elle la frôlera de nouveau par le sud, du détroit de Gibraltar à l'Égypte. Deux fois de suite, la nuit en plein jour passe à quelques centaines de kilomètres de nos frontières. Alors, à quand notre tour ?

La réponse est calculée à la seconde près par les mécaniciens célestes, et elle demande un certain sens de la patience : la prochaine éclipse totale de Soleil visible depuis la France métropolitaine aura lieu le 3 septembre 2081. Oui, 2081 : dans 55 ans. Un rendez-vous que les enfants d'aujourd'hui honoreront avec leurs petits-enfants.

À retenir

  • La prochaine éclipse totale visible en France métropolitaine aura lieu le 3 septembre 2081.
  • La dernière remonte au 11 août 1999, avec une bande de totalité de la Normandie à l'Alsace.
  • D'ici là, la France vivra de belles partielles : environ 51 % à Paris le 2 août 2027, et jusqu'à environ 81 % à Perpignan le 26 janvier 2028.
  • Pour revivre une totalité avant 2081, une seule solution : voyager, et 2027 offre l'occasion la plus proche.

La réponse : rendez-vous le 3 septembre 2081

Le 3 septembre 2081, une éclipse totale traversera l'Europe de l'ouest en est avant de filer vers le golfe Persique et l'océan Indien. D'après les calculs actuels, la bande de totalité abordera la France par la Manche, îles Anglo-Normandes comprises, puis balaiera une large diagonale du pays avant de poursuivre vers l'Allemagne, la Suisse, l'Autriche, l'Italie et les Balkans. Paris figure parmi les grandes villes situées dans la bande, et l'est du pays, du côté de l'Alsace, comptera parmi les secteurs français les mieux servis en durée.

Le phénomène aura de sérieux arguments : une magnitude de 1,072 et une totalité pouvant atteindre 5 minutes et 33 secondes à son maximum, au-dessus du golfe Persique. En France, la durée sera moindre mais confortable, très supérieure aux 2 minutes de 1999. Seule ombre au tableau, c'est le cas de le dire : un matin de début septembre sous nos latitudes n'offre aucune garantie de ciel dégagé. Mais à 55 ans de distance, on se contentera volontiers de cette incertitude.

11 août 1999 : la dernière fois que la nuit est tombée en plein jour sur la France

Pour retrouver la précédente totalité française, il faut rembobiner jusqu'au 11 août 1999. Ce jour-là, la bande d'ombre a traversé le pays de la Normandie à l'Alsace, plongeant dans l'obscurité une bande étroite passant notamment par le nord de la région parisienne, la Picardie, la Champagne et la Lorraine, avant de continuer vers l'Allemagne, l'Autriche et la Roumanie, où le maximum fut atteint près de Râmnicu Vâlcea. Sur la terre ferme, la totalité durait de deux à quatre minutes selon les lieux.

Cette éclipse reste probablement la plus observée de l'histoire : des dizaines de millions d'Européens dans la bande, des autoroutes bloquées, et un ciel français hélas capricieux ce jour-là, qui a offert la totalité aux uns et un plafond de nuages aux autres. Ceux qui l'ont vue en parlent encore. Ceux qui l'ont ratée comprennent aujourd'hui l'ampleur du rendez-vous manqué : entre 1999 et 2081, la France métropolitaine restera 82 ans sans totalité.

Une éclipse totale au-dessus de chez soi, c'est un événement qui ne se produit en moyenne qu'une fois par siècle en un lieu donné : on ne la regarde pas, on la vit, et on s'en souvient toute une vie.

Pourquoi est-ce si rare en un point donné ?

Le paradoxe est connu des astronomes : les éclipses totales de Soleil ne sont pas rares à l'échelle de la planète, il s'en produit environ une tous les dix-huit mois quelque part sur Terre. Mais l'ombre de la Lune ne dessine à chaque fois qu'un ruban étroit, souvent large d'une ou deux centaines de kilomètres, sur une planète recouverte aux deux tiers d'océans. La surface effectivement plongée dans la totalité à chaque éclipse est minuscule.

Résultat : pour un point précis du globe, votre jardin, par exemple, la totalité ne revient en moyenne que tous les 300 à 400 ans. Certaines régions ont plus de chance, d'autres moins : c'est une loterie géographique. La France a gagné en 1999, l'Espagne vient d'enchaîner un tirage exceptionnel avec 2026, 2027 et l'annulaire de 2028, et notre prochain ticket gagnant porte la date du 3 septembre 2081. La mécanique céleste est d'une précision d'horloger, mais elle n'a aucun sens du calendrier électoral : elle distribue ses spectacles sans se soucier des frontières.

D'ici là : les rendez-vous à ne pas manquer depuis la France

Bonne nouvelle malgré tout : les 55 prochaines années ne seront pas vides, loin de là. Dès l'an prochain, le 2 août 2027, la France vivra une belle éclipse partielle en fin de matinée : la Lune masquera environ 51 % du Soleil à Paris, environ 72 % à Toulouse et jusqu'à environ 76 % à Perpignan, avec un Soleil haut dans le ciel, bien plus confortable à observer que la partielle rasante d'hier soir.

Six mois plus tard, le 26 janvier 2028, une éclipse annulaire, celle du fameux « anneau de feu », traversera le Portugal et le sud de l'Espagne en toute fin de journée. Depuis la France, elle sera partielle : environ 57 % à Paris et jusqu'à environ 81 % à Perpignan, un Soleil rongé se couchant sur l'horizon d'hiver. Trois éclipses marquantes en dix-huit mois, la « trilogie ibérique » : voisiner avec l'Espagne a du bon. D'autres partielles ponctueront ensuite régulièrement les décennies suivantes, mais aucune totalité ne touchera notre sol avant 2081.

Rappel qui ne souffre aucune exception : partielle ou annulaire, une éclipse ne s'observe jamais à l'œil nu, même à 99 % de Soleil masqué. Seules des lunettes conformes à la norme ISO 12312-2, neuves et intactes, protègent réellement la rétine, qui brûle sans douleur.

L'alternative des impatients : aller à la totalité plutôt que l'attendre

Si l'idée d'attendre 2081 vous paraît insupportable, il reste la solution des chasseurs d'éclipses : se déplacer. Et le hasard du calendrier fait bien les choses, puisque l'occasion la plus spectaculaire du siècle se présente dès l'été prochain, à deux ou trois heures de vol. Le 2 août 2027, la totalité traversera le sud de l'Espagne, Gibraltar et le nord du Maroc, avec jusqu'à environ 4 minutes 39 secondes de nuit en plein jour à Tarifa et 4 minutes 51 secondes à Tanger, et un maximum mondial de 6 minutes 23 secondes près de Louxor, en Égypte : la plus longue totalité terrestre avant 2114.

Autrement dit : la question n'est peut-être pas « quand la prochaine éclipse totale viendra-t-elle en France ? », mais « quand irez-vous, vous, à la rencontre de la prochaine éclipse totale ? ». La première réponse est 2081. La seconde peut être août 2027. À vous de choisir votre patience.

Le 3 septembre 2081, en fin de matinée, la nuit tombera sur une large part de la France. D'ici là, chaque partielle sera une répétition générale : sortez les lunettes certifiées, montrez le spectacle aux enfants, et racontez-leur que le plus beau reste à venir, au-dessus de leurs propres têtes.

Santé, argent, psychologie du quotidien : ce journal explore les questions que tout le monde se pose. Pour savoir qui l'écrit, direction ma page auteur.

Portrait de Julien Jimenez

L'auteur

Julien Jimenez

Éditeur de ce site, Julien Jimenez travaille dans le SEO et les médias en ligne depuis 2009. Créateur de NextLevel.link, il écrit ici sur la psychologie du quotidien, l'argent et les questions que tout le monde se pose.