Maison & Jardin · Le journal

Régler la climatisation à 24 °C plutôt que 20 : l'économie réelle sur votre facture

Descendre la consigne du climatiseur ne refroidit pas plus vite, mais cela augmente nettement la charge que la machine doit évacuer. Calcul à l'appui, voici ce que représente le passage de 20 à 24 °C sur une saison, et ce que dit le code de l'énergie.

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Maison et jardin : l'été impose partout ses arbitrages de température et de consommation. Photo : Unsplash.

C'est le geste réflexe des premiers jours de canicule : on rentre, il fait 33 °C dans le salon, et on descend la consigne du climatiseur le plus bas possible pour que ça aille vite. Vingt degrés, parfois dix-huit. L'appareil obéit, la pièce refroidit, et l'on referme la porte avec un sentiment de victoire. La facture, elle, arrive deux mois plus tard, sans détailler quel réglage a coûté quoi.

Or ce réglage est probablement le levier le plus puissant de tout le poste climatisation, davantage que la marque de l'appareil ou son âge. Passer de 20 à 24 °C ne change pas seulement le confort : cela change la quantité de chaleur que la machine doit évacuer, et donc l'électricité qu'elle consomme. Voici comment le calculer proprement, et ce que dit la réglementation au passage. Ces repères sont généraux et ne remplacent pas un conseil juridique ou fiscal.

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À retenir

  • L'article R. 241-30 du code de l'énergie prévoit que, dans les locaux équipés d'un système de refroidissement, celui-ci « ne doit être mis ou maintenu en fonctionnement que lorsque la température intérieure des locaux dépasse 26 °C ».
  • Ce qui pilote la consommation, c'est l'écart entre l'intérieur et l'extérieur. Descendre la consigne de 24 à 20 °C quand il fait 32 °C dehors fait passer cet écart de 8 à 12 degrés, soit la moitié de charge en plus sur la part liée aux échanges avec l'extérieur.
  • Au tarif réglementé de vente en vigueur depuis le 1er août 2026, soit 0,2001 € TTC le kilowattheure en option Base 6 kVA, l'écart se chiffre en dizaines d'euros sur une saison, pas en centaines pour la plupart des logements.

Ce que dit la réglementation : 26 °C, et pas 20

Beaucoup de gens ignorent qu'il existe un texte sur le sujet. L'article R. 241-30 du code de l'énergie, dans sa rédaction issue du décret n° 2015-1823 du 30 décembre 2015, pose une règle sans ambiguïté : dans les locaux dans lesquels est installé un système de refroidissement, celui-ci ne doit être mis ou maintenu en fonctionnement que lorsque la température intérieure des locaux dépasse 26 °C.

La symétrie avec le chauffage est éclairante. L'article R. 241-26 du même code fixe, pour les locaux d'habitation, d'enseignement, de bureaux ou recevant du public, une limite supérieure de température de chauffage établie en moyenne à 19 °C hors périodes d'inoccupation. Le pouvoir réglementaire a donc encadré les deux bouts de la plage de confort, 19 °C l'hiver et 26 °C l'été, avec la même logique de sobriété.

L'article R. 241-31 prévoit des exceptions, notamment pour les établissements de soins et pour les bâtiments qui, en raison de contraintes liées à leur usage, doivent garantir des conditions particulières de température, d'hygrométrie ou de qualité de l'air. Pour un logement ordinaire, le repère des 26 °C reste la référence. Régler sa climatisation sur 24 °C revient donc, déjà, à se situer en dessous de ce que le texte envisage.

Pourquoi chaque degré en moins coûte plus cher qu'on ne croit

Deux mécanismes se cumulent, et c'est ce cumul qui rend le réglage si sensible.

Le premier tient à la charge thermique. Un logement se réchauffe en été parce que la chaleur entre : par les murs, par les vitrages, par les défauts d'étanchéité, par l'air renouvelé. Ce flux entrant est d'autant plus fort que l'écart de température entre l'extérieur et l'intérieur est grand. Plus la consigne est basse, plus l'écart est grand, plus la chaleur entre vite, et plus la machine doit en évacuer en continu.

Le second tient au rendement de la machine. Un climatiseur est une pompe à chaleur : il déplace de la chaleur de l'intérieur vers l'extérieur. Or plus la différence de température entre la source froide et la source chaude est importante, moins ce transfert est efficace. Autrement dit, en abaissant la consigne, on demande à l'appareil davantage de travail au moment précis où il le fait le moins bien.

Le calcul, avec ses hypothèses posées

Un modèle simple suffit à saisir l'ordre de grandeur. Si l'on considère uniquement les échanges avec l'extérieur, la charge à évacuer est proportionnelle à l'écart de température. Prenons une journée à 32 °C dehors. À 24 °C de consigne, l'écart vaut 8 degrés. À 20 °C, il vaut 12 degrés. Le rapport est de 12 sur 8, soit 1,5 : une charge augmentée de moitié.

Ce modèle est volontairement simplifié, et il faut le dire. Il ignore les apports solaires et internes, qui existent quelle que soit la consigne et qui atténuent ce rapport dans la vraie vie. Il ignore en revanche la baisse de rendement décrite plus haut, qui pousse le rapport dans l'autre sens, vers le haut. Il donne un ordre de grandeur, pas un montant de facture.

Pour le traduire en euros, il faut un appareil de référence. Prenons une puissance électrique moyenne appelée de 800 W lorsque la consigne est réglée sur 24 °C, valeur que l'on retrouve sur la plaque signalétique ou sur la fiche technique de beaucoup de systèmes domestiques. Sur 8 heures de fonctionnement, cela représente 6,4 kWh, soit 1,28 € au tarif réglementé de 0,2001 € le kilowattheure. Le tableau ci-dessous applique le même raisonnement aux autres consignes.

Consigne Écart avec 32 °C dehors Puissance moyenne appelée Sur 8 heures Coût de la journée
26 °C 6 degrés 600 W 4,8 kWh 0,96 €
25 °C 7 degrés 700 W 5,6 kWh 1,12 €
24 °C 8 degrés 800 W 6,4 kWh 1,28 €
22 °C 10 degrés 1 000 W 8,0 kWh 1,60 €
20 °C 12 degrés 1 200 W 9,6 kWh 1,92 €

L'écart entre 24 et 20 °C ressort à 0,64 € par journée de 8 heures. Sur 90 journées de saison chaude, cela donne 57,60 €. Voilà l'ordre de grandeur : ni négligeable, ni ruineux, et surtout proportionnel à la taille de l'installation. Sur une climatisation qui traite toute une maison plutôt qu'une pièce, multipliez ces montants par la puissance réellement installée.

La consigne ne se règle pas au ressenti du moment où l'on rentre, mais sur la température que l'on veut tenir toute la journée.

La descente rapide à 18 °C ne refroidit pas plus vite

C'est le malentendu le plus tenace, et il coûte de l'argent tous les étés. Un climatiseur n'est pas un robinet : il ne délivre pas plus de froid parce qu'on lui demande une température plus basse. La plupart des appareils fonctionnent à puissance donnée, ou modulent leur puissance selon l'écart restant, mais dans tous les cas la vitesse de descente dépend de leur capacité, pas de la consigne affichée.

Régler sur 18 °C pour « refroidir plus vite » ne raccourcit donc pas l'attente. En revanche, si l'on oublie de remonter la consigne, l'appareil continuera à viser 18 °C toute la journée, avec la surconsommation correspondante, et une pièce inutilement froide. La bonne pratique consiste à afficher directement la température que l'on souhaite tenir et à laisser la machine s'en occuper.

Ce qui compte encore plus que la consigne

Avant même de discuter du réglage, quelques gestes déplacent bien davantage la facture, parce qu'ils réduisent la chaleur qui entre plutôt que d'augmenter celle qu'il faut évacuer.

Vivre à 24 °C sans avoir l'impression de se priver

La question du confort n'est pas secondaire, sinon personne ne tiendrait la consigne recommandée. Or le confort thermique ne dépend pas seulement du thermomètre. L'humidité de l'air, la vitesse de l'air sur la peau et l'écart avec la température extérieure comptent au moins autant.

Un climatiseur déshumidifie en même temps qu'il refroidit, et c'est souvent cette déshumidification qui apporte la sensation de soulagement. Ajouter un brassage d'air léger, avec un ventilateur de plafond par exemple, permet de tenir une consigne plus haute à confort égal, pour une consommation dérisoire au regard de celle du compresseur.

Enfin, un écart trop important entre l'intérieur et l'extérieur est désagréable en soi. Rentrer d'une rue à 34 °C dans un salon à 19 °C provoque une sensation de choc thermique que la plupart des occupants finissent par éviter d'eux-mêmes. Une consigne autour de 24 à 26 °C reste confortable, coûte moins cher et évite ce contraste brutal à chaque passage de porte.

En résumé : la consigne est le réglage qui pèse le plus, et remonter de 20 à 24 °C réduit sensiblement la charge de la machine tout en restant confortable. Les montants indiqués ici découlent d'un modèle simplifié et d'un appareil de référence, à ajuster à votre installation et à votre contrat d'électricité. Ces repères sont généraux et ne remplacent pas un conseil juridique ou fiscal.

Maison, énergie, argent du quotidien : ce journal explore les questions que tout le monde se pose. Pour savoir qui l'écrit, direction ma page auteur.

Portrait de Julien Jimenez

L'auteur

Julien Jimenez

Éditeur de ce site, Julien Jimenez travaille dans le SEO et les médias en ligne depuis 2009. Créateur de NextLevel.link, il écrit ici sur la psychologie du quotidien, l'argent et les questions que tout le monde se pose.